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Que penser du film Gourou ?

  • daalag3
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Regard critique d’un professionnel du coaching



Le film Gourou suscite de nombreuses réactions dans le monde du développement personnel et du coaching.En tant que professionnel formé à une posture non-directive et ayant participé à de grands séminaires de développement personnel, je souhaite proposer ici une lecture argumentée : que montre réellement ce film… et que montre-t-il mal ?


Un film qui parle avant tout de coaching-spectacle

Dès les premières scènes, le long-métrage installe un univers très particulier : grandes salles, musique, cris de foule, mises en scène émotionnelles, discours galvanisants.

Ce que le film appelle « coaching » correspond en réalité beaucoup plus à ce que l’on peut qualifier de :

coaching de masse, motivationnel et spectaculaire.

On est très loin du coaching professionnel tel qu’il est enseigné dans les formations sérieuses, notamment celles inspirées par la posture de Carl Rogers :

  • non-directivité,

  • respect du rythme du client,

  • autonomie décisionnelle,

  • absence d’agenda personnel du coach.

Dans Gourou, la relation n’est pas construite sur l’écoute, mais sur la mobilisation émotionnelle et l’influence.


Une confusion majeure entre coaching et manipulation

Le personnage principal, Mathieu Vasseur (interprété par Pierre Niney), utilise clairement des leviers connus dans les dynamiques d’influence :

  • pression du groupe,

  • scénarisation émotionnelle,

  • mise en dépendance affective,

  • discours d’autorité.

Le problème n’est pas de montrer ces dérives.Le problème est de les faire passer pour représentatives du coaching en général.

Or, dans un cadre professionnel éthique, le coach n’est pas censé :

  • orienter le choix du client,

  • induire des décisions,

  • installer une relation de dépendance.

Le film entretient ainsi une confusion dangereuse entre accompagnement et manipulation.


Des participants caricaturaux et peu réalistes

Ayant moi-même assisté à des séminaires rassemblant plusieurs milliers de personnes, je dois souligner un point important :la représentation du public dans le film est excessivement simplifiée.

Les participants sont souvent montrés comme :

  • naïfs,

  • influençables,

  • quasi incapables de discernement.

Dans la réalité, les publics de ces événements sont beaucoup plus hétérogènes : cadres, entrepreneurs, salariés, étudiants, personnes curieuses… et souvent parfaitement capables de recul critique.

Cette caricature affaiblit le propos du film en donnant une image irréaliste des dynamiques collectives.


Coaching professionnel et leadership charismatique : deux mondes différents

Le film confond deux registres pourtant très différents :

  • le coaching professionnel, centré sur la personne,

  • le leadership charismatique de scène, centré sur le leader.

Cette distinction est pourtant fondamentale.

Dans les formations académiques et professionnalisantes (y compris dans certaines grandes écoles comme HEC Paris), la posture du coach repose avant tout sur :

  • la neutralité,

  • la qualité du questionnement,

  • l’éthique relationnelle,

  • la responsabilité du client.

Or Gourou montre surtout un système où la réussite dépend du charisme du leader et de sa capacité à capter l’attention collective.


Des inspirations réelles… mais un message mal ciblé

Il est difficile de ne pas reconnaître, derrière certains personnages, des figures connues du développement personnel contemporain, notamment :

  • David Laroche pour la version française très médiatisée,

  • Tony Robbins pour la figure du mentor international,

  • incarnée dans le film par le personnage de Peter Conrad, joué parHolt McCallany.

Sur ce point, le film vise juste : il interroge clairement le star-system du développement personnel.

Mais il aurait gagné en justesse en précisant qu’il s’agit d’un univers particulier, distinct du coaching professionnel tel qu’il est pratiqué dans des cadres certifiés.


Une image très négative et réductrice du métier de coach

L’un des effets les plus problématiques du film est son impact sur le grand public.

À la sortie de la projection, le spectateur non averti peut facilement repartir avec l’équation suivante :

coach = manipulation, dérive, mensonge, danger psychologique.

Or, il existe aujourd’hui :

  • des formations longues,

  • des certifications reconnues,

  • des codes de déontologie,

  • des dispositifs de supervision.

Le film ne montre pratiquement jamais cette réalité.

Il laisse croire que le secteur serait essentiellement composé de personnalités opportunistes ou irresponsables, ce qui est profondément réducteur.


Une autre limite importante : la confusion entre coaching et psychologie

Un autre point mérite d’être souligné.

Le film semble suggérer, en filigrane, que :

  • dès lors qu’il y a souffrance psychique,

  • ou transformation personnelle,

le seul cadre légitime serait celui de la psychologie ou de la psychiatrie.

Or, dans la pratique professionnelle, les frontières existent :

  • le coaching n’est pas une thérapie,

  • le coach n’intervient pas sur les troubles psychiques,

  • et le cadre est clairement contractuel.

Le film ne prend pas le temps de poser ces distinctions essentielles, ce qui renforce encore la confusion.


Une critique supplémentaire vraiment importante : l’absence de contre-pouvoir

Au-delà de la question du coaching, Gourou met surtout en scène un phénomène rarement discuté explicitement :

l’absence totale de régulation et de contre-pouvoir autour d’un leader devenu extrêmement influent.

Ce que le film montre bien — et qui constitue sans doute son propos le plus pertinent — ce n’est pas tant la dangerosité du coaching que :

  • la dérive possible du pouvoir,

  • l’isolement progressif du leader,

  • la perte de confrontation critique,

  • l’hypertrophie de l’ego liée au succès.

C’est probablement ici que se situe la vraie problématique du film.


En conclusion

Gourou est un film efficace sur le plan dramatique.Il pose de bonnes questions sur :

  • l’influence,

  • la fascination collective,

  • les dérives du charisme,

  • la marchandisation de la transformation personnelle.

En revanche, il est profondément discutable lorsqu’il laisse entendre que ces dérives seraient représentatives du coaching professionnel.

=> Le film ne parle pas réellement du coaching.

=> Il parle surtout de coaching-spectacle, de leadership charismatique et de pouvoir émotionnel.

Pour toute personne formée à une posture éthique, non-directive et responsable, ce film doit donc être vu avec un regard critique — et peut, à ce titre, devenir un excellent support pédagogique pour illustrer…non pas ce qu’est le coaching, mais précisément ce qu’il ne devrait pas devenir.









 
 
 

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